WCAG 2.2 : Vers trop de normes pour un internet toujours plus aseptisé ?

illustration WCAG 2,2 vers un web toujours plus aseptisé ?
L’accessibilité numérique est, par définition, une quête de justice. En publiant la mise à jour WCAG 2.2, le W3C poursuit un objectif noble : s’assurer que personne ne soit laissé au bord de la route numérique. Pourtant, une question s’installe insidieusement dans les agences de design : à force d’empiler les critères de succès, ne sommes-nous pas en train de transformer le web en un catalogue standardisé, dépourvu d’âme et d’audace ?

Le luxe, premier témoin de l'effacement

Ce phénomène est déjà visible dans l’identité visuelle des plus grandes maisons : de Burberry à Saint Laurent, en passant par Balmain ou Berluti, on a vu ces dernières années une transition brutale vers des typographies sans-serif (sans empattements) quasi identiques. Sous prétexte de lisibilité maximale sur smartphone et de conformité aux standards du web, le luxe semble avoir sacrifié ses spécificités historiques pour un « look » universel et sécurisant. Si même le prestige s’uniformise pour répondre aux algorithmes et aux normes, que restera-t-il de la singularité du web de demain ?

logo avant-après - balmain - yves saint laurent
® Ces logos sont la propriété des marques respective

Le Design Système comme cage dorée

Ce mimétisme des logos se propage désormais comme un virus dans nos composants d’interface. Prenons l’exemple du bouton d’action (CTA) ou des champs de saisie. Sous l’influence des critères WCAG 2.2 sur les zones tactiles et les contrastes de bordures, nous voyons apparaître une uniformisation radicale : des angles systématiquement arrondis, des typographies ultra-lisibles mais sans caractère, et des palettes de couleurs restreintes aux quelques combinaisons « sûres ».
On assiste à la naissance du « Bento-design » ou du « SaaS-look » : que vous soyez sur une application bancaire, un outil de Data-Viz ou un site de haute couture, le composant devient indiscernable. À force de vouloir garantir que l’utilisateur ne soit jamais « perdu », on finit par créer une atrophie de l’instinct. L’internaute ne découvre plus, il exécute un parcours balisé dans un environnement aseptisé où chaque interface ressemble à la précédente.

Le revers de la médaille : La dictature du ratio

Lorsque le design devient une pure question de ratios de contraste et de suppression d’interactions complexes, le designer risque de troquer son intuition contre une « checklist ». Si nous n’y prenons pas garde, cette rigueur normative peut mener à une atrophie de l’innovation. La Data-Viz, cœur battant de l’analyse décisionnelle, est la première victime de cette tension : comment rendre une visualisation de données complexe à la fois riche, esthétique et strictement conforme aux critères les plus drastiques ?

Conclusion : Un outil pour libérer, non pour remplacer

Adopter le Design Atomique, c’est passer du statut de dessinateur de pages à celui d’architecte de systèmes. C’est construire aujourd’hui les fondations solides de votre succès de demain.

Cet article a été conçu par Fabrice Vermeulen, avec l’assistance de l’IA Gemini pour la structuration des données et l’exploration sémantique, dans le respect de la charte éthique d’Infografika sur l’usage responsable de l’intelligence artificielle.

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